C’est un fait, l’élevage produit des GES, principalement du CH4, N2O et du CO2. En revanche, tous les élevages ne sont pas forcément à mettre dans le même panier : il existe des élevages intensifs, mais également d’autres plus extensifs et qui n’ont donc pas le même impact sur les émissions.

Donc, certes, de manière globale, une diminution de notre consommation de viande est à mettre en place. Actuellement notre consommation est de 60g de protéines animales/jour/français et qu’il faudrait amener à 30g, en compensant les 30g restant avec des légumes secs et autres protéines végétales. En revanche, l’impact sur les GES n’a rien à voir entre la viande d’une vache auvergnate élevée à l’herbe par un éleveur entretenant les bosquets, le bocages et la biodiversité locale, que celle d’une viande issue de vaches élevées en stabulation à l’année et consommant uniquement des tourteaux de soja d’Amérique du Sud et des concentrés.

Note importante : Sur base d’une teneur de 26 % en protéine, 30 g de protéines animales = 115 g de viande.

Attention également au choix des espèces : alors qu’une vache à l’herbe valorise une ressource non assimilable par l’homme, un poulet (souvent mis en avant) consomme principalement des ressources valorisables par l’homme. Ainsi, dans le cas du poulet,  la concurrence alimentation animale et humaine est forte.

Par ailleurs, il faut aussi prendre en compte l’origine de l’alimentation animale : si le tourteau de soja vient majoritairement d’Amérique, de nombreux éleveurs français produisent eux-mêmes leurs céréales, ce qui n’a pas non plus le même niveau d’émissions de GES.

En tant que consommateurs, nous devons prendre conscience que nos achats “sculptent” le paysage dans lequel nous vivons. En achetant de façon raisonnée (30g/j) de la viande issue de l’élevage à l’herbe, non seulement je mets à disposition de mon organisme une viande de très bonne qualité (notamment riche en oméga 3), mais j’encourage la valorisation de ressources non utilisables par l’homme (ici l’herbe) et j’investis dans l’entretien de paysages locaux riches en biodiversité.

Source : Consommation de viande : avis scientifique de l’INRA